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Liban Le Chouf Les emirs maan et chehab |
CHRONOLOGIE
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La dynastie des Maan
1119 - 1697 (580 ans)
Les Ottomans victorieux contre les mamelouks chassèrent les Tanoûkh de
leurs fiefs et choisirent pour les remplacer les Banoû Maan, qui apparaissaient
à ce moment sur le devant de la scène libanaise.Installés depuis longtemps dans
le Chouf, les Maan étaient des Druzes d'origine kurde, comme beaucoup d'autres
grandes familles druzes : les Arslan et les Joumblat (Jamboulad) en
particulier.Les Maan devinrent alors les plus puissants seigneurs du Liban
central, en la personne de Fakhreddin 1er, puis de son fils Korkmaz. Ni l'un ni
l'autre ne surent conserver la faveur des Ottomans tous deux périrent
assassinés.
#EXTRAITE D UN VIEUX MANUSCRIT
ARABE
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L'Emir Maan ~1080- 1149 |
L'an 1119, Togtakin, vice-roi de Damas, de retour d'une expédition contre les Croisés, qui venaient d'envahir le territoire d'Alep, ordonna à l'émir Maan l'Ayoubite, qui l'avait accompagné dans son expédition, de décamper de la plaine de Boukah, de se rendre sur les hauteurs du Liban qui dominent la Méditerranée, et d'y fixer sa résidence, dans le but de tenir en échec les forces des Croisés, qui venaient d'étendre leur domination sur toute la côte. Celui-ci, à la tête de sa nombreuse tribu, alla s'établir sur les hauteurs de Baklin (Ba'aklin), situées dans le district de Chouf, pays alors désert et inhabité. L'émir Maan commenca alors à habiter les maisons, qu'il préféra aux tentes, auxquelles il renonça. Les siens suivirent son exemple, et le désert de Baklin (Ba'aklin), sous les auspices de l'émir Maan, devint, en peu de temps, une contrée aussi sûre qu'agréable |
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L'Emir Younes ~1129- ~1169 |
L'émir Maan, qui était la souche de la maison de ce nom, mourut l'an 1149, laissant pour successeur son fils l'émir Younès. |
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L'Emir Yousef ~1149- ~1200 |
L'émir Younès Maan demanda alors à l'émir Mohammad Chahab s'il avait des soeurs? "Oui, répondit son père, l'émir Mounked Chahab, il n'en a qu'une seule, plus jeune que lui; et elle s'appelle Saâda. Je la promet dès à présent à votre fils Yousef. " Ce qui fut accepté et convenu entre les deux parties. Les fiançailles des deux émirs avec les deux, émirés furent célébrées le même jour en présence des témoins; peu après on célébra leurs noces le même jour. Tout le Mont-Liban prit part à cet événement heureux, par des démonstrations de joie et des fêtes qui durèrent l'espace de vingt et un jours. |
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L'Emir Saifeddine ~1180- ~1250 |
L'émir Younès Maan mourut peu après le mariage son fils l'émir Yousef, son successeur. A ce dernier succéda son fils l'émir Saïf eddin, auquel succéda son fils l'émir Abdallah, qui aida l'émir Ahmed Chahab contre les Croisés à la bataille de Wadi el-Téim. |
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L'Emir Abdallah ~1210- ~1280 |
A l'émir Yousef,succéda son fils l'émir Saïf eddin, auquel succéda son fils l'émir Abdallah, qui aida l'émir Ahmed Chahab contre les Croisés à la bataille de Wadi el-Téim. |
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L'Emir Ali ~1235- ~1290 |
L'émir Abdallah eut pour successeur son fils Aly, qui épousa la fille de l'émir Amer Chahab. |
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L'Emir Béchir ~1260- ~1330 |
L'an 1287, les Mogols ayant envahi Wadi el-Téim, les émirs de la famille Chahab prirent la fuite et allèrent se réfugier dans le Mont-Liban; l'émir Bichir Maan, fils de l'émir Aly Maan, alla à leur rencontre près de la rivière de Naher-Essafa (Damour), leur présenta les provisions dont il était porteur, et les invita à venir s'établir dans le Liban. |
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L'Emir Mohammed ~1300- ~1370 |
A l'émir Aly succéda son fils l'émir Bichir, qui eut pour successeur l'émir Mohammed. A ce dernier succéda son fils l'émir Saad eddin. |
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L'Emir Saadeddine ~1330- ~1400 |
A l'émir Aly succéda son fils l'émir Bichir, qui eut pour successeur l'émir Mohammed. A ce dernier succéda son fils l'émir Saad eddin. |
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L'Emir Osman ~1360- ~1430 |
L'Emir Saadeddine eut pour successeur son fils l'émir Osman, qui épousa la fille de l'émir Baker-Chahab |
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L'Emir Ahmed ~1390- ~1460 |
L'émir Osman eut pour successeur son fils l'émir Ahmed. Peu de temps après, le Circassien Mélek Daoud s'étant rendu dans la montagne du Chouf pour faire la guerre aux Francs qui se trouvaient campés sur les rives du Damour, l'émir Ahmed, fils de l'émir Osman Maan, alla à sa-rencontre, lui offrit une grande quantité de provisions, et l'accompagna dans cette expédition contre les Francs, sur lesquels ils remportèrent une grande victoire. A son retour de Wadi el-Férédis, Melek Daoud confirma l'émir Ahmed dans le gouvernement du Liban et lui fit de grands présents. |
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L'Emir Mulhem ~1420- 1470 |
L'émir Ahmed étant mort, son fils l'émir Mulhem lui succéda; ce dernier eut pour successeur son fils l'émir Yousef , l'an 1470 |
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L'Emir Yousef ~1450- ~1500 |
L'émir Ahmed étant mort, son fils l'émir Mulhem lui succéda; ce dernier eut pour successeur son fils l'émir Yousef , l'an 1470 |
L'Emir Fakhreddine 1er
~1480- 1544
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#Histoire de Fakhreddine 1er |
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L'Emir Korkmaz ~1520- 1585 |
L'émir Fakher eddin Maan mourut l'an 1544, laissant pour successeur son fils l'émir Karcamaz., qui mourut l'an 1585 dans une grotte située tout près de Djezzin où il était caché pour se soustraire aux poursuites d'Ibrahim Pacha du Caire, qui, d'après les ordres du sultan, était transporté en Syrie à l'effet de châtier les émirs du Mont-Liban, accusés d'avoir enlevé de force le trésor impérial sur le grand chemin de Djoun Akkar. Ibrahim Pacha du Caire, était assuré de la mort de l'émir Karcamaz, se transporta à la tête de son armée à Aïn Safar. Là se rendirent chez lui les notables du pays, qui lui présentèrent de grands cadeaux; mais le pacha, fidèle à son devoir, n'accepta rien et les mit aux arrêts. Le pacha arrêta, en même temps les émirs, qu'il emmena avec lui à Constantinople. Lorsqu'ils furent arrivés à la capitale, le sultan, dans sa clémence, ordonna qu'ils fussent mis en liberté. Les émirs profitèrent, de cet ordre et retournèrent au Mont-Liban. L'émir Karcamaz laissa deux enfants en bas âge, l'émir Fakher eddin et l'émir Younès. Leur oncle maternel l'émir Saad eddin Tounouk prit soin de leur éducation, et, sous sa tutelle, ils gouvernèrent la montagne de Chouf. |
L'Emir Fakhreddine
II le Grand
1572 - 1635
| #Histoire de Fakhreddine II Le Grand | ||
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بـ 31 تشرين الاول 1622 استطاع الامير فخر الدين
الثاني الكبير بجيشه المؤلف من خمسة الاف مقاتل لبناني، من جميع المناطق
اللبنانية الواقعة تحت حكمه، ومن جميع الطوائف، الانتصار على جيش والي دمشق
مصطفى باشا الذي تجاوز 12 الف مقاتل من ابناء ولاية دمشق وانكشارية وتركمان
وبدو، ومن آل سيفا وآل حرفوش. ومن نتائج المعركة ان مصطفى باشا وقع في
الاسر، ولكن فخر الدين، كما تقاليد اللبنانيون دائما، عفا عن مصطفى باشا
آملا ان يفهم الخصوم والاعداء ان نوايا اللبنانيون هو العيش بسلام مع
جيرانه. |
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Le palais de l’émir Fakhreddine II
Maan est la propriété de la famille Baz. Il fait face au palais
Gergis Baz et abrite un musée de cire qui comprend quelques 75
personnages célèbres de l’Histoire du Liban. |
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L’émir
Younès Maan
~1575 - ~1640
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L’émir
Ali ~1595- 1633 |
L'émir Younès Maan et l'émir Aly Chahab quittèrent les rives du Barouk et se rendirent à Banias. Là, l'émir Younès se trouva avec son neveu l'émir Aly, fils de l'émir Fakher eddin. Les trois émirs réunirent leurs forces et résolurent de se défendre dans la forteresse de Banias. |
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L’émir
Houssein ~1600- ~1650 |
L'émir Houssein, fils de l'émir Fakher eddin, se réfugia dans la forteresse de Markab |
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L’émir
Melhem ~1600- 1661 |
L'an 1661 eut lieu la mort de l'émir Moulhem Maan, qui succomba à une fièvre maligne dont il avait été atteint à Saint-Jean-d'Acre. Ses restes mortels furent déposés dans le tombeau de la famille Maan à Saïda. |
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L’émir
Carcamez ~1650- 1665 |
L'an 1661 eut lieu la mort de
l'émir Moulhem Maan,
qui succomba à une fièvre maligne dont il avait été atteint à
Saint-Jean-d'Acre. Ses restes mortels furent déposés dans le tombeau de
la famille Maan à Saïda. Ses deux fils,
l'émir Ahmed
et l'émir Carcamaz,
lui succédèrent ; les deux émirs étaient,encore en bas âge lorsqu'ils
perdirent leur père. L'an 1665, fut assassiné l'émir Carcamaz, à Ayn Mazboud. L'émir Carcamaz ne laissa point d'enfants. |
L’émir
Ahmed Maan
~1649-1697
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L’émir
Melhem 1669- 1681 |
L'an 1681, mourut
l'émir Moulhem, fils unique de
l'émir Ahmed à l'âge de douze ans. C'est ainsi que fut éteinte la famille Maan, après avoir gouverné la montagne pendant l'espace de cinq cent quatre-vingts ans |
La dynastie des Chéhab
1100
- 1842 (741 ans)
L'an 1287, les Mogols ayant
envahi Wadi el-Téim, les émirs de la famille Chahab prirent la fuite et allèrent
se réfugier dans le Mont-Liban; l'émir Bichir Maan,
fils de l'émir Aly Maan, alla à
leur rencontre près de la rivière de Naher-Essafa (Damour), leur présenta les
provisions dont il était porteur, et les invita à venir s'établir dans le Liban.
Les Ottomans ne profitèrent pas
de l'extinction des émirs Maan pour soumettre le Liban à une administration
directe. Le pays était beaucoup trop turbulent et, d'ailleurs, seule la
perception du tribut annuel les intéressait vraiment. Ils choisirent donc de
respecter le vœu des populations en confiant la région à une famille très
anciennement amie et alliée des Maan, celle des Chehab.
La famille des Chehah
est l'une des plus anciennes et des Plus nobles de l'Orient. Son premier
ancêtre connu, Malek, appartenait à la tribu du Prophète (Qoraich) et aurait
pris part à la bataille de Yarmouk, qui livra la Syrie aux Arabes. Le khalife
Omar l'aurait chargé de tenir garnison à Chahba, dans le Hauran, d'où le nom de
la famille. Etablis au XIIe siècle au Liban-Sud, dans le Wadi-Taym, les Chebab
s'y étaient distingués dans la lutte contre les Croisés. Ils avaient toujours
considéré la montagne libanaise comme leur suprême refuge et avaient noué des
liens d'amitié très étroits, renforcés de nombreuses alliances matrimoniales,
avec la famille des Maan. Les Chehab demeurèrent musulmans sunnites jusqu'au
troisième Emir, Youssef, qui se convertit secrètement au christianisme; son
successeur Béchir II fut le premier Emir à se proclamer officiellement chrétien.
L'armée des Emirs Chehab se révéla aussi redoutable que celle de Fakhreddin.
Grâce à cet instrument militaire, ils brisèrent l'étau des pachas Azem, dont la
puissante famille avait réuni les deux pachaliks de Damas et de Saida, qu'elle
conserva pendant presque tout le XVIIIe siècle, et entre lesquels elle enserrait
la Montagne. Les émirs libanais étaient devenus si puissants qu'au dire des
chroniqueurs de l'époque « ils pouvaient dicter leur volonté aux pachas et leur
porter impunément des coups ».
Les troupes de deux émirs, Youssef et Béchir II, entrèrent même victorieusement à Damas.
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L'émir Mounked ~1100- ~1185 |
Ce fut sur la fin du gouvernement de l'émir Maan que les émirs de la famille Chahab (Chehab), sous la conduite de l'émir Mounked, leur chef, vinrent expulser les Croisés de Wadi el-Téim, après une sanglante bataille. L'émir Maan s'empressa en cette occasion d'adresser des félicitations à l'émir Mounked Chahab (Chehab), avec lequel il ne négligea point d'entrer en relations d'amitié et de bon voisinage. |
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L'émir Mohammad ~1145- ~1200 |
L'an 1175, l'émir Younès Maan invita l'émir Mounked Chahab (Chéhab). Ce dernier, accompagné de son fils l'émir Mohammad, alla trouver l'émir Younès à Nabaa el-Barouk. Les trois émirs y restèrent trois, jours. Puis l'émir Younès amena ses hôtes à Baklin (Ba'aklin), où ils restèrent un mois. L'émir Younès fit à ses hôtes l'accueil le plus distingué et n'épargna rien pour rendre.agréable leur séjour, à Baklin (Ba'aklin). Les qualités de l'émir Mohammad Chahab captivèrent l'émir Younès Maan. Le jeune émir Mohammad ayant vu par hasard la fille de l'émir Younès, qui se nommait Taïbé (bonne), la grande beauté de cette princesse fit une vive impression sur le jeune prince; il en devint amoureux; cependant il ne manifesta ses sentiments à personne. |
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L'émir Ahmed ~1230- ~1280 |
A l'émir Yousef Maan,succéda son fils l'émir Saïfeddin, auquel succéda son fils l'émir Abdallah, qui aida l'émir Ahmed Chahab contre les Croisés à la bataille de Wadi el-Téim. |
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L'Emir Amer |
L'émir Abdallah Maan eut pour successeur son fils Aly, qui épousa la fille de l'émir Amer Chahab. |
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L'Emir Baker ~1330- ~1400 |
L'Emir Saadeddine Maan eut pour successeur son fils l'émir Osman, qui épousa la fille de l'émir Baker-Chahab |
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L'Emir Ahmed ~1580- ~1640 |
L'an 1615, le pacha de Damas marcha, une seconde fois contre la montagne pour faire la guerre aux Maan. Il campa vingt jours au village de Koub Elias en attendant l'arrivée des troupes auxiliaires du pays. L'émir Ahmed Chahab, auquel le pacha avait fait la promesse de donner le gouvernement de Hasbeya et de tout le Wadi el-Téim, s'empressa de se rendre chez le pacha. Cette disposition inspira de la crainte à son frère l'émir Aly Chabab, qui réunit les siens et s'unit à l'émir Younès Maan. |
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L'Emir Ali ~1580- 1628 |
L'an 1613, Ahmed Pacha el-Hafez, gouverneur de Damas, se rendit à Wadi el-Téim pour punir l'émir Aly Chahab qui avait refusé de l'aider contre l'émir Younès el-Harfouche. L'émir Fakher eddin envoya des troupes au Secours de son allié, l'émir Aly; mais les affaires se terminèrent par la voie des négociations, et l'on parvint ainsi à éviter les malheurs de la guerre. |
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L'Emir Mohammad ~1610- ~1680 |
L'émir Aly Chahab, ayant appris l'arrivée de l'émir Fakher eddin Maan, se rendit de Hasbeya à Saïda pour lui faire ses félicitations, et il amena avec lui ses deux fils l'émir Mohammad et l'émir Kassem |
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L'Emir Kassem ~1615- ~1685 |
L'émir Aly Chahab, ayant appris l'arrivée de l'émir Fakher eddin Maan, se rendit de Hasbeya à Saïda pour lui faire ses félicitations, et il amena avec lui ses deux fils l'émir Mohammad et l'émir Kassem |
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L'Emir Houssein ~1620- ~1690 |
Peu après, arrivèrent les deux émirs Kassem et Houssein, fils de l'émir Aly Chahab, et ils firent un carnage terrible de l'ennemi qu'ils poursuivirent pendant deux heures. |
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L’émir
Melhem 1669- 1681 |
L'an 1681, mourut l'émir Moulhem, fils unique de l'émir Ahmed à l'âge de douze ans. |
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L’émir
Moussa ~1659- ~1730 |
L'émir Moussa Chahab partit de Hasbeya et se rendit chez l'émir Ahmed Maan, dont il épousa la fille |
L’émir
Haïdar Chéhab
1706-1732
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L’émir
Melhem 1729-1754 |
Fils de de l'Emir Haïdar Chéhab |
L’émir
Mansour Chéhab
xxxx-1770
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Fils de de l'Emir Haïdar
Chéhab Ses restes reposent au mausolée el-Kobbeh à Deir El Qamar. |
L’émir
Youssef Chéhab
1770-1789
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Le
sérail de l’émir Youssef Chéhab abrite les locaux de la
municipalité de DeirElQamar. Il fut construit à l’origine par l’émir
Fakhreddine 1er Maan. L’émir Melhem Chéhab (1729-1754) y
ajouta un étage et ses successeurs, les émirs Youssef Chéhab et Béchir
II Chéhab, y résidèrent avant que ce dernier ne déménage dans son
nouveau palais de Beiteddine. La porte monumentale du sérail comporte
deux lions, emblèmes de la dynastie des Chéhab. |
L’émir
Ahmed Chéhab
L’émir
Béchir II Chéhab Le Grand
1789-1840
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L’émir Béchir III Chéhab
| Béchir III fut le dernier émir qui ait gouverné la Montagne. Le Liban des Maan et des Chehab finit avec lui. |
EXTRAITE D'UN
VIEUX MANUSCRIT ARABE#EXTRAITE
D UN VIEUX MANUSCRIT ARABE
| L'an 1119,
Togtakin, vice-roi de Damas, de retour d'une expédition contre les
Croisés, qui venaient d'envahir le territoire d'Alep, ordonna à
l'émir Maan
l'Ayoubite, qui l'avait accompagné dans son expédition, de
décamper de la plaine de Boukah, de se rendre sur les hauteurs du Liban
qui dominent la Méditerranée, et d'y fixer sa résidence, dans le
but de tenir en échec les forces des Croisés, qui venaient
d'étendre leur domination sur toute la côte. Le vice-roi de Damas
accorda des subsides considérables à
l'émir Maan,
et celui-ci, à la tête de sa nombreuse tribu, alla s'établir sur les
hauteurs de Baklin (Ba'aklin), situées dans le district de Chouf, pays
alors désert et inhabité.
L'émir Maan s'empressa de
contracter des relations d'amitié avec la famille princière des
Tounouk (Tanoukh) , qui possédait, à titre de fief, le district de Garbe,
pays limitrophe de Beyrouth. L'émir Bahtar
chef de la famille Tounouk (Tanoukh) conçut de l'amitié pour
l'émir Maan, et conclut
avec lui une alliance offensive et défensive contre les Croisés - il lui
envoya des maîtres maçons et des ouvriers pour lui construire des
maisons. L'émir Maan
commenca alors à habiter les maisons, qu'il préféra aux tentes,
auxquelles il renonça. Les siens suivirent son exemple, et le désert de
Baklin (Ba'aklin), sous les auspices de
l'émir Maan, devint, en peu de temps, une contrée aussi
sûre qu'agréable. Bientôt la renomrnée de
l'émir Maan y attira les mécontents des pays devenus la
conquête des armes des Croisés. On y accourait en foule du
Hauran, des royaumes de Damas et d'Alep, et des autres pays voisins du
Mont-Liban. En peu de temps le pays fut peuplé et acquit un degré de
prospérité toujours croissante. Ce fut sur la fin du gouvernement de l'émir Maan que les émirs de la famille Chahab (Chehab), sous la conduite de l'émir Mounked, leur chef, vinrent expulser les Croisés de Wadi el-Téim, après une sanglante bataille. L'émir Maan s'empressa en cette occasion d'adresser des félicitations à l'émir Mounked Chahab (Chehab), avec lequel il ne négligea point d'entrer en relations d'amitié et de bon voisinage. Les bons rapports entre les deux familles se maintinrent et s'augmentèrent dans.la suite entre leurs descendants. L'émir Maan, qui était la souche de la maison de ce nom, mourut l'an 1149, laissant pour successeur son fils l'émir Younès. L'an 1175, l'émir Younès Maan invita l'émir Mounked Chahab (Chéhab). Ce dernier, accompagné de son fils l'émir Mohammad, alla trouver l'émir Younès à Nabaa el-Barouk. Les trois émirs y restèrent trois, jours. Puis l'émir Younès amena ses hôtes à Baklin (Ba'aklin), où ils restèrent un mois. L'émir Younès fit à ses hôtes l'accueil le plus distingué et n'épargna rien pour rendre.agréable leur séjour, à Baklin (Ba'aklin). Les qualités de l'émir Mohammad Chahab captivèrent l'émir Younès Maan. Le jeune émir Mohammad ayant vu par hasard la fille de l'émir Younès, qui se nommait Taïbé (bonne), la grande beauté de cette princesse fit une vive impression sur le jeune prince; il en devint amoureux; cependant il ne manifesta ses sentiments à personne. Un jour, les trois émirs se trouvant à la promenade dans un jardin parsemé de fleurs et entrecoupé de plusieurs ruisseaux, l'émir Mounked s'écria: "Que cette eau est douce!" L'émir Mohammad, son fils, lui répliqua sur-le-champ : " Que cette terre est bonne!". L'émir Younès lui répondit par un compliment en lui disant: "Vous êtes meilleur encore, mon cher Mohammad." L'émir Mohammad lui répondit sans perdre de temps en citant ce verset, du Koran : Les bonnes seront destinées aux bons. L'émir Younès ne comprit cependant pas que par cette citation l'émir Mohammad faisait allusion à son désir d'épouser la princesse Taïbé. Peu après se présenta une autre. occasion. Les trois émirs s'étant mis à table, l'émir Younès offrit à l'émir Mohammad une tranche de gigot; l'émir Mohammad le remercia en lui disant : qu'il l'acceptait avec d'autant plus de plaisir qu'il la trouvait très-bonne (Taïbé). Cette fois encore l'émir Mohammad ne fut pas plus heureux car l'émir Younès n'y comprit rien, ou fit semblant de n'avoir rien compris. Après le dîner, l'émir Younès Maan causa avec l'émir Mohammad, quand ce dernier se mit à: lui faire des excuses des propos indiscrets qui lui seraient échappés à table. L'émir Younès le rassura en lui disant que tout ce qu'il avait dit à table n'avait rien d'indiscret, qu'au contraire sa conversation était plus que discrète, et que cela ne pouvait être autrement de la part d'un homme de qualité et d'esprit comme lui. L'émir Mohammad, tout en remerciant l'émir Younès de son affabilité, lui demanda comment il interprétait ce verset du Koran - Les bonnes sont destinées aux bons. L'émir Younès sourit alors et répondit à l'émir Mohammad : " Je vais vous expliquer ce verset du Koran par un autre passage du Livre par excellence, où il est dit : Nous vous avons accordé le mariage, ô Mohammad. L'émir Mohammad, enchanté de cette réponse, remercia l'émir Younès, et lui assura que cette interprétation lui faisait le plus grand plaisir, que c'était tout ce qu'il pouvait ambitionner, et quelle seule le rendait heureux. Tous les assistants comprirent, par ces paroles, que le mariage de l'émir Mohammad avec la princesse Taïbé était arrêté et que toute l'affaire avait été traitée et conclue par des allégories. L'émir Mounked, père de l'émir Mohammad, en ressentit la plus grande joie; il en remercia l'émir Younès, et fit ses félicitations à son fils. L'émir Younès Maan demanda alors à l'émir Mohammad s'il avait des soeurs? "Oui, répondit son père, l'émir Mounked Chahab, il n'en a qu'une seule, plus jeune que lui; et elle s'appelle Saâda. Je la promet dès à présent à votre fils Yousef. " Ce qui fut accepté et convenu entre les deux parties. Les fiançailles des deux émirs avec les deux, émirés furent célébrées le même jour en présence des témoins; peu après on célébra leurs noces le même jour. Tout le Mont-Liban prit part à cet événement heureux, par des démonstrations de joie et des fêtes qui durèrent l'espace de vingt et un jours. L'émir Younès Maan mourut peu après, et eut pour successeur son fils l'émir Yousef. A ce dernier succéda son fils l'émir Saïf eddin, auquel succéda son fils l'émir Abdallah, qui aida l'émir Ahmed Chahab contre les Croisés à la bataille de Wadi el-Téim. L'émir Abdallah eut pour successeur son fils Aly, qui épousa la fille de l'émir Amer Chahab. L'an 1287, les Mogols ayant envahi Wadi el-Téim, les émirs de la famille Chahab prirent la fuite et allèrent se réfugier dans le Mont-Liban; l'émir Bichir, fils de l'émir Aly, alla à leur rencontre près de la rivière de Naher-Essafa (Damour), leur présenta les provisions dont il était porteur, et les invita à venir s'établir dans le Liban. A l'émir Aly succéda son fils l'émir Bichir, qui eut pour successeur l'émir Mohammed. A ce dernier succéda son fils l'émir Saad eddin. Celui-ci eut pour successeur son fils l'émir Osman, qui épousa la fille de l'émir Baker-Chahab. L'émir Osman eut pour suecesseur son fils l'émir Ahmed. Peu de temps après, le Circassien Mélek Daoud s'étant rendu dans la montagne du Chouf pour faire la guerre aux Francs qui se trouvaient campés sur les rives du Damour, l'émir Ahmed, fils de l'émir Osman Maan, alla à sa-rencontre, lui offrit une grande quantité de provisions, et l'accompagna dans cette expédition contre les Francs, sur lesquels ils remportèrent une grande victoire. A son retour de Wadi el-Férédis, Melek Daoud confirma l'émir Ahmed dans le gouvernement du Liban et lui fit de grands présents. L'émir Ahmed étant mort, son fils l'émir Mulhem lui succéda; ce dernier eut pour successeur son fils l'émir Yousef , l'an 1470. A l'émir Yousef II succéda son neveu, l'émir Fakher-eddin qui fut le plus célèbre parmi les émirs de la famille Maan. Ce fut sous cet émir que s'éteignit la lumière de la dynastie des émirs Tounouk et que brilla à sa place celle de la famille Maan. Fakher eddin Maan et l'émir Mansour Chahab conclurent une alliance et jurèrent de ne former qu'une seule famille. L'émir Fakher eddin, peu de temps après, accompagna le Gazali, qui gouvernait Damas au nom de Mélek Kansouh el-Gauri, et assista à la bataille de Merge Dabek, où le Circassien Kansouh el-Gauri, roi de l'Égypte et de la Syrie, fut vaincu et tué par le sultan Selim. L'émir Fakher eddin et le Gazali passèrent alors du côté du sultan Selim. Ce sultan ayant fait la conquête de Damas, l'émir Fakher eddin, qui était très éloquent, entra chez lui et prononça en sa présence un panégyrique des plus beaux. Le sultan en fut content et daigna nommer l'émir Fakher eddin gouverneur du Liban, et le chargea de surveiller l'administration de toute la Syrie. L'émir Fakher eddin Maan mourut l'an 1544, laissant pour successeur son fils l'émir Karcamaz., qui mourut l'an 1585 dans une grotte située tout près de Djezzin où il était caché pour se soustraire aux poursuites d'Ibrahim Pacha du Caire, qui, d'après les ordres du sultan, était transporté en Syrie à l'effet de châtier les émirs du Mont-Liban, accusés d'avoir enlevé de force le trésor impérial sur le grand chemin de Djoun Akkar. Ibrahim Pacha du Caire, étatit assuré de la mort de l'émir Karcamaz, se transporta à la tête de son armée à Aïn Safar. Là se rendirent chez lui les notables du pays, qui lui présentèrent de grands cadeaux; mais le pacha, fidèle à son.devoir, n'accepta rien et les mit aux arrêts. Le pacha arrêta, en même temps les émirs, qu'il emmena avec lui à Constantinople. Lorsqu'ils furent arrivés à la capitale, le sultan, dans sa clémence, ordonna qu'ils fussent mis en liberté. Les émirs profitèrent, de cet ordre et retournèrent au Mont-Liban. L'émir Karcamaz laissa deux enfants en bas âge, l'émir Fakher eddin et l'émir Younès. Leur oncle maternel l'émir Saad eddin Tounouk prit soin de leur éducation, et, sous sa tutelle, ils gouvernèrent la montagne de Chouf. L'an 1613, Ahmed Pacha el-Hafez, gouverneur de Damas, se rendit à Wadi el-Téim pour punir l'émir Aly Chahab qui avait refusé de l'aider contre l'émir Younès el-Harfouche. L'émir Fakher eddin envoya des troupes au Secours de son allié, l'émir Aly; mais les affaires se terminèrent par la voie des négociations, et l'on parvint ainsi à éviter les malheurs de la guerre. L'an 1616, les bonnes relations entre l'émir Fakher eddin et Ahmed Pacha el-Hafez ayant été interrompues par suite des incursions que l'émir Fakher eddin entreprenait souvent dans les pays de Hauran, d'Adjloun, et dans les autres districts du pachalik de Damas, ce wézir adressa des plaintes au sultan contre l'émir. Le sultan fit droit aux plaintes du pacha de Damas, et envoya quatorze pachas à deux queues à la tête d'une grande armée pour réduire les émirs Maan. Le commandement en chef de l'armée fut confié au même Ahmed Pacha el-Hafez de Damas. L'émir Ahmed Chahab vint de Raichaya à la tête d'un grand nombre de montagnards, et unit ses forces à celles du pacha de Damas, qui lui fit un bon accueil et de grandes promesses. Quant à son frère l'émir Aly Chahab, celui-ci adopta une parfaite neutralité, ne voulant prendre ni le parti des Maan, ni celui du pacha de Damas. L'émir Ahmed Chahab écrivit à l'émir Younès el-Harfouche de se rendre à Damas, et de s unir au pacha. Il lui fit observer que l'armée ottomane était forte et que toutes les dispositions étaient prises pour anéantir les émirs de la famille Maan. Ce dernier, conformément à l'avis, se rendit à Damas, à la tête des siens, et se mit à la disposition du pacha. Dans tout ce qu'il faisait, le pacha demandait les conseils de l'émir Ahmed Chahab, qui lui représentait l'entreprise comme des plus faciles, et l'engageait à marcher contre l'ennemi. Le pacha, accompangé des deux émirs et à la tête d'une forte armée, quitta Damas, se dirigea vers le Liban et alla camper au village de Sahsah. - L'émir Fakher eddin, instruit des dispositions du pacha de Damas, s'empressa de fortifier le pays. De plus, il envoya une garnison pour, garder le pont de Majameh. Puis il prit la voie des négociations. A cet effet, il écrivit une lettre de soumission au pacha auquel il promit une forte somme d'argent. Le pacha ayant refusé toutes les propositions de l'émir, ce dernier conçut l'idée de prendre la fuite et d'aller se réfugier chez les Arabes du désert ; mais ayant appris que l'émir Ahmed s'était rendu au pont d Majameh, dont il s'était emparé, et lui en avait fermé le passage, l'émir Fakher eddin dut renoncer à ce projet. Dans l'alternative de se rendre ou de se défendre, l'émir Fakher eddin convoqua son frère l'émir Younès, l'émir Mandaz et l'émir Naser eddin Tounoukh, ainsi que tous les notables du Liban, qui se rendirent sur les rives du Damour. L'émir les exhorta à prendre les armes; mais comme personne ne paraissait disposé pour la guerre, l'émir les quitta et se rendit à Saïda, accompagné de son frère, auquel il remit les rênes du gouvernement, et auquel il donna le Conseil de se fortifier à Dair et-Karnar. Ce fut depuis cette époque que le siège du gouvernement du Liban fut transféré de Baklin à Daïr el-Kamar. L'émir Fakher eddin, ayant ainsi ordonné les choses, nolisa deux bâtiments euroéens et se rendit en Italie à la cour du grand-duc de Toscane, de la famille de Médicis. L'émir Younès, accompagné de ceux qui étaient restés fidèles à son frère, quitta Saïda, et se dirigea vers Daïr el-Kamar, où il fixa sa résidence. Le pacha de Damas. instruit du départ, de l'émir Fakher eddin, quitta Sahsah et se rendit au village de Konéitéra, accompagné de tous les ennemis des Maan. Puis il se transporta à Houlanié, ensuite à Merge Ayoun, et de là il entra dans le pays des Maan. Il s'empara d'abord de Safad et de Saïda qu'il mit sous l'administration de deux gouverneurs ottomans. Ensuite il prit possession de Beyrouth et de Kasravan dont il confia le gouvernement à Yousef Pacha Seïfa. Il prit ensuite le chemin de la forteresse de Chakif Arnaud, qu'il assiégea ; il assiégea également la forteresse de Zahiré. En un mot, il prit possession de tout le pays appartenant aux Maan, dont il coupa les arbres, et qu'il mit à feu et à sang. Le pacha, envoya ensuite des troupes sous la conduite de Houssein Pacha Seïfa vers le Damour ; de l'autre côté, il expédia Moumen Pacha à la tête d'un autre corps de troupes ottomanes, accompagné du Chaïkh Mouzfer le Yamanite, vers Saïda et lui donna l'ordre de cerner le pavs de Maan de tous les côtés. Cerné de toutes parts et n'ayant pas le moindre espoir d'échapper à une perte totale, l'émir Younès convoqua tous ceux qui se faisaient distinguer par leur esprit, parmi ses amis et les notables du pays, leur exposa sa triste situation et dernanda leurs conseils. Ceux-ci lui conseillèrent de se soumettre au pacha et de rentrer dans ses bonnes grâces, à quelques prix que ce fût. Suivant, eux l'émir ferait bien de dépêcher au pacha une députation à la tête de laquelle il mettrait sa vieille mère. L'émir Younès écouta. leurs conseils, et envoya au pacha trente hommes des plus distingués du pays, à la tête desquels se trouvait sa mère, chargée de remettre au pacha la somme de cinquante mille piastres, beaucoup de présents précieux et deux chevaux arabes superbes. - La mère de l'émir Younès, à la tête de la députation, se rendit, chez le pacha, devant. la forteresse d'Arnaud, qu'il assiégeait, entra chez lui, et intercéda en faveur de son fils. Le pacha lui fit l'accueil le plus distingué et lui accorda tout ce qu'elle d emandait. Il confirma son fils dans le gouvernement du Liban et lui accorda l'aman, à condition de payer trois cent mille,piastres au trésor impérial. La mère s'engagea par écrit à payer cette somme, et le pacha ordonna immédiatement la suspension des hostilités. En même temps il envoya quelques-uns de ses principaux officiers faire part à l'émir Younès de la fin des hostilités et de l'aman accordé, avec l'ordre de payer la somme convenue. Peu après le pacha retira ses troupes et retourna à Damas, emmenant avec lui la mère de l'émir Younès en otage pour le payement de la somme convenue. Il laissa à Daïr el-Kamar des officiers chargés de recevoir la somme en question. Pour l'émir Younès, il retourna dans sa capitale , après avoir été contraint de prendre la fuite et de se réfugier dans la forteresse de Niha. C'est ainsi que finit cette guerre, la plus désastreuse qu'ait subie le Mont-Liban sous les Maan. L'an 1615, le pacha de Damas marcha, une seconde fois contre la montagne pour faire la guerre aux Maan. Il campa vingt jours au village de Koub Elias en attendant l'arrivée des troupes auxiliaires du pays. L'émir Ahmed Chahab, auquel le pacha avait fait la promesse de donner le gouvernement de Hasbeya et de tout le Wadi el-Téim, s'empressa de se rendre chez le pacha. Cette disposition inspira de la crainte à son frère l'émir Aly Chabab, qui réunit les siens et s'unit à l'émir Younès Maan. Chéikh Mouzfer Alam eddin se déclara pour le pacha et il se rendit aussi chez lui à la tête d'un grand nombre d'hommes de Garbe, de Djourde et de Metne, et lui offrit son secours. Le pacha mit sous ses ordres un corps de troupes ottomanes et l'envoya attaquer la montagne de Chouf. Arrivé à la rivière de Barouk, Chéikh Mouzfer y rencontra un corps de montagnards du parti de l'émir Younès. Bientôt le combat s'engagea entre les deux partis. L'émir Younès Maan, en ayant été instruit, se hâta de marcher contre l'ennemi et partit immédiatement de Daïr el-Kamar, accompangé de l'émir Aly Chahab. Il arriva au Barouk au plus fort de l'engagement. L'émir Younès et l'émir Aly attaquèrent l'ennemi; mais Chéikh Mouzfer Alam eddin ayant également reçu un renfort, l'engagement devint sérieux et le combat dura jusqu'à la nuit. A l'approche de l'obscurité, les troupes , de Chéïkh Mouzfer furent défaites et se dispersèrent dans les montagnes. Les troupes des Maan en firent un grand carnage, et sans l'obscurité pas un homme n'aurait pu se soustraire au glaive. L'émir Younès campa alors sur les rives du Barouk et prit ses dispositifs pour aller à la rencontre de l'ennemi; mais, réflexion faite il jugea plus sage de s'en abstenir, d'autant plus que les habitants du pays commençaient à montrer des dispositions favorables pour l'armée du pacha., En effet, celui-ci, après la défaite de Chéikh Mouzfer, avait envoyé des émissaires de Koub Elias aux habitants, pour les engager à prendre les armes et à se rendre dans son camp, en leur promettant de grandes payes ; ce qui avait démoralisé une partie des habitants. En conséquence l'émir Younès Maan et l'émir Aly Chahab quittèrent les rives du Barouk et se rendirent à Banias. Là, l'émir Younès se trouva avec son neveu l'émir Aly, fils de l'émir Fakher eddin. Les trois émirs réunirent leurs forces et résolurent de se défendre dans la forteresse de Banias. Quant au pacha de Damas, il marcha de Koub Elias au Barouk; il attaqua Daïr el-Kamar, dont il s'empara, et livra aux flammes toutes les maisons appartenant aux émirs Maan. Il se transporta ensuite à Meige Béséré, où il y avait un corps de troupes des Maan. Le combat s'engagea immédiatement entre les deux partis et dura toute la journée mais à l'approche de la nuit, le petit corps, ne pouvant plus résister, fit sa retraite vers Wadi el-Téim. Le lendemain l'ennemi envahit le pays et pilla tous les villages, qu'il livra aux flammes. Le pacha prit ensuite, la direction du village de Niha, et de là il se transporta à Chikif Tiron ; mais la forteresse de ce nom, qui était occupée par les troupes de l'émir Younès, paraissait inexpugnable ; le pacha retourna sur ses pas après avoir dévasté le pays. Il se rendit à Koub Elias, et de là prit le chemin, de Damas. Après le départ du pacha, l'émir Younès retourna à Daïr el-Kamar, où il fixa sa résidence. L'an 1617, l'émir Aly Chahab célébra les fiançailles de sa fille avec l'émir Aly, fils de l'émir Fakher eddin Maan, qui se rendit de Banias à Saïda pour se marier. A son arrivée, son oncle l'émir Younès lui remit le gouvernement du pays. L'émir Aly Chahab, en ayant été instruit, se rendit à Saïda et fit ses félicitations à son beau-fils, l'émir Aly. Dans le cours de cette année (1617) les guerres civiles furent continuelles entre les deux partis Kaïssi et Yamani. Les émirs Maan étaient à la tête des Kaïssi ; la famille Séifa, et celle d'Alam eddin formaient la faction Yamani. La haine qui régnait entre les deux factions était telle, que tous les jours on se battait sur trois ou quatre points différents. L'émir Aly Chahab ne pouvait point rester témoin passif de ce qui se passait : il s'unit aux Kaïssi et il joua le rôle très-actif dans cette guerre intestine qui finit à l'avantage du parti Kaïssi, les Yamani ayant essuyé de très-grandes pertes. Pour témoigner sa reconnaissance à son beau-père, l'émir Aly Maan incorpora aux possessions des Chahab les deux districts de Merge Ayoun et de Houlanié. Le, 9 chawal de cette année 1619, l'émir Fakher eddin revint de l'Italie, après une absence de cinq ans et deux mois. Il toucha d'abord à SaintJean-d'Acre, ensuite à Saïda, où il débarqua. Il y fut reçu par son fils l'émir Aly, qui lui raconta tout ce qui s'était passé pendant son absence, et avec quel zèle l'émir Aly Chahab n'avait cessé de le secourir contre l'ennemi. L'émir Aly Chahab, ayant appris l'arrivée de l'émir Fakher eddin Maan, se rendit de Hasbeya à Saïda pour lui faire ses félicitations, et il amena avec lui ses deux fils l'émir Mohammad et l'émir Kassem. Avant l'entrée de l'émir Aly Chahab à Saïda, les émirs Maan allèrent à sa rencontre à une certaine distance de la ville et lui firent l'accueil le plus distingué ; l'émir Fakher eddin surtout, rendit à son ami les plus grands honneurs et lui exprima dans les termes les plus flatteurs sa, reconnaissance pour le concours qu'il avait prêté à son frère et à son fils. L'émir Fakher eddin fit cadeau à l'émir Aly Chahab de plusieurs objets de prix qu'il avait apportés de l'Europe. Peu de temps après l'émir Ahmed Chahab et l'émir Younès el-Harfouche s'étant rendus à Saïda pour faire leurs félicitations à l'émir Fakher eddin, l'émir les reçut froidement et leur reprocha leurs procédés à l'égard de son frère et de son fils. L'an 1620, l'émir Fakher eddin déclara la guerre à la famille Seïfa et demanda le secours de l'émir Aly Chahab, qui se rendit avec lui de la forteresse de Hosn el-Akrad à Akkar et assista à toutes les batailles que l'émir Fakher eddin livra à l'ennemi et qui furent autant de victoires éclatantes. L'émir mit à feu et à sang tout le pays de Seïfa et retourna de cette expédition triomphant et victorieux. L'an 1621, l'émir Aly et l'émir Ahmed Chahab ayant eu des démêlés, et ce dernier ayant été défait et mis en fuite par son frère l'émir Aly, l'émir Fakher eddin Maan intervint dans les affaires des deux émirs et se rendit de Beyrouth dans la plaine de Boukah pour les pacifier. Il parvint à les mettre d'accord, divisa entre eux le pays de Wadi el-Téim qui était l'objet de leur discorde, et fit de ces deux émirs deux auxiliaires zélés dans ses guerres contre la famille Seïfa de Tripoli et contre celle de Kansouh, qui gouvernait le pays d'Adjloun. L'an 1628, l'émir Fakher eddin et les autres émirs assistèrent aux funérailles de l'émir Aly Chahab à Hasbeya. Ce fut une grande perte pour l'émir Fakher eddin, qui en fut inconsolable. L'an 1633, le pacha de Damas envoya des troupes contre les émirs Maan. Cette expédition était ordonnée par le grand wézir Kalil Pacha, auquel on avait adressé des plaintes contre l'émir Fakher eddin, qu'on accusait d'avoir envahi la plupart des villages du pachalik de Damas. L'armée envoyée de Damas alla camper dans la plaine de Khan Hasbeya. De là, elle envahit le pays de Wadi el-Téim. Cette nouvelle étant parvenue à la connaissance de l'émir Aly, fils de l'émir Fakher eddin, celui-ci, à la tête de quelques centaines d'hommes choisis, partit à la dérobée du territoire de Safed, surprit l'armée et fondit sur elle le sabre à la main. Peu après, arrivèrent les deux émirs Kassem et Houssein, fils de l'émir Aly Chahab, et ils firent un carnage terrible de l'ennemi qu'ils poursuivirent pendant deux heures. Les deux émirs retournèrent au champ de bataille, et trouvèrent l'émir Aly Maan mort, étendu par terre et entouré de ses gens qui pleuraient. Les deux émirs descendent de ,cheval, embrassent le corps inanimé de leur compagnon d'armes, fondent en larmes et demandent comment ce malheur a eu lieu. On leur répond qu'on ne le sait pas. Les deux émirs lavent; le corps de l'émir Aly, l'enterrent dans cet endroit même et prennent le chemin de Hasbeya. La mort de l'émir Aly fut un coup fatal pour l'émir Fakher eddin. Comme on ne cessait d'adresser au sultan des plaintes contre, l'émir Fakher eddin, le Grand Seigneur, après avoir consulté le Chéikh ul-Islam, rendit un firman pour qu'on exterminât les émirs Maan. En conséquence l'amiral Giafari, capudan-pacha, partit à la tê te de la flotte impériale ottomane et vint à Tripoli, d'où il se rendit à Beyrouth. Il y débarqua et alla camper hors de cette ville. La famille de Séifa et celle d'Alam eddin se rendirent auprès de lui et se mirent à sa disposition. D'autre part le pacha de Damas se rendit à Saïda par ordre du grand wézir Kalil Pacha qui se trouvait alors à Alep. Les Maan, ne pouvant point faire face à des forces aussi imposantes, prirent le parti d'évacuer les villes de Saïda et de Beyrouth et de prendre la fuite. L'émir Houssein, fils de l'émir Fakher eddin, se réfugia dans la forteresse de Markab ; l'émir Moulhem, fils de l'émir Younès, dans le pays dadiloun, chez les Arabes, l'émir Fakher eddin, dans la forteresse de Schikif, et l'émir Younès resta, à Daïr el-Kamar. La nouvelle de la fuite des émirs ayant été répandue partout, Djafar Pacha envoya d'abord des troupes contre l'émir Houssein, qui se rendit et fut envoyé immédiatement au grand wézir, à Alep, qui l'emmena de suite à Constantinople. Le Grand Seigneur, dans sa clérnence, le mit en liberté et, peu après, le fit entrer dans son service, et il lui accorda le grade de chambellan. Ahmed, pacha de Damas qui se trouvait à Saïda, écrivit à l'émir Younès, à Daïr el Kamar, de se rendre chez lui, promettant de lui accorder l'aman. L'émir se rendit à Saïda; mais à peine y fut-il arrivé que le pacha lui fit couper la tête. Le pacha partit ensuite à la tête de son armée pour la montagne, qu'il mit à feu et à sang. Il assiégea ensuite la forteresse de Chikif Tiron dont il corrompit Peau. L'émir Fakher eddin dut alors s'enfuir pendant les ténèbres de la nuit ; il alla se réfugier avec sa famille dans la grotte de Djezzin. Le lendemain matin, le pacha prit possession de la forteresse, et suivit les traces de l'émir dans la grotte. Cette grotte était vraiment inexpugnable ; mais le pacha parvint à ouvrir, à l'aide de mines, un passage à ses soldats et saisit tous les émirs qui s'y trouvaient; il ne mit en liberté que les femmes, auxquelles on fit aucun mal. Le pacha emmena avec lui l'émir Fakher eddin et ses enfants à Damas, d'où ils furent envoyés à Constantinople. Le sultan les reçut avec bonté, les mit en liberté, et daigna même les honorer en les admettant à son service. L'émir Alam eddin fut nommé au gouvernement de la montagne à la place, de l'émir Fakher eddin Maan. Il ne restait en Syrie des émirs Maan que l'émir Moulhem, fils de l'émir Younès, qui s'était réfugié chez les Arabes de Tarbey ; Ahmed, pacha de Damas, l'ayant réclamé, il fut livré à ses gens, pour être conduit à. Damas; mais l'émir Moulhem parvint à se sauver en chemin pendant la nuit, et alla se cacher dans le village d'Arna , situé au pied de l'Anti-Liban. Le chef de ce village, quoique Yamani, se fit Kaïssi, lui et les habitants de son village, en l'honneur de l'émir, qui ne tarda pas à entrer en correspondance avec le parti Kaïssi. Un grand nombre des partisans de l'émir se rendirent à Arna et l'accompagnèrent dans le Mont-Liban.:La nouvelle de l'arrivée de l'émir Moulhem étant répandue, tous les Kaïssi se réunirent et se rendirent auprès de lui. L'émir saisit cette occasion pour se venger de l'émir Aly Alam eddin, qui, de son côté, instruit des dispositions, de, son ennemi, voulut le prévenir en marchant corntre lui. Le combat ne tarda pas à avoir lieu à Mejdel Maouche, et la victoire fut remportée par l'émir Moulhem. L'émir Aly perdit tous ses gens et s'enfuit à Damas. Ce coup fut fatal aux Yamani et affermit le pouvoir de l'émir Moulhem. Le pacha de Damas, Ahmed porta de nouvelles plaintes au sultan contre l'émir Moulhem, et le Grand Seigneur ayant consulté le Chéikh ul-Islam, ce dernier rendit un fetwa, pour la mise, à mort,de tous les Maan qui se trouvaient à Constantinople, ce qui fut exécuté ponctuellement. Il ne restait donc en vie des Maan que l'émir Moulhem qui continuait à gouverner la montagne. Les deux émirs Kassem et Houssein Chahab l'aidaient toujours dans ses guerres contre les Yamani. L'émir Houssein Chahab avait pour femme la fille de l'émir Moulhem Maan. L'an 1653, l'émir Aly Alam eddin fut nommé au gouvernement de la montagne par Bishir, pacha de Damas. L'émir Aly se rendit à Wadi el-Téim, et l'émir Moulhem alla à sa rencontre, accompagné de ses deux auxiliaires, l'émir Kassem et l'émir Houssein Chahab. La bataille, livrée dans une vallée de Wadi el-Téim, dura trois heures, et la victoire se déclara de nouveau pour l'émir Moulhem. Les troupes de l'émir Aly furent mises en pleine déroute et poursuivies jusqu'aux portes de Damas.L'émir Aly lui-même, dangereusement blessé se sauva par la fuite et se dirigea vers Bishir Pacha, qui l'accusa de trahison et l'emprisonna dans le château de Damas, où il resta jusqu'au départ du pacha de Damas. L'an 1661 eut lieu la mort de l'émir Moulhem Maan, qui succomba à une fièvre maligne dont il avait été atteint à Saint-Jean-d'Acre. Ses restes mortels furent déposés dans le tombeau de la famille Maan à Saïda. Ses deux fils, l'émir Ahmed et l'émir Carcamaz, lui succédèrent ; les deux émirs étaient,encore en bas âge lorsqu'ils perdirent leur père. L'an 1663, Ahmed Pacha Kuperly de Damas manda de Koub Elias aux émirs Ahmed et Carcamaz Maan de lui livrer les émirs Chahab. Les deux émirs répondirent que les émirs Chahab n'étaient pas en leur pouvoir. Le pacha leur écrivit de nouveau et leur demanda une certaine somme d'argent. Les deux émirs s'engagèrent à payer cent mille piastres dans le terme de quatre mois, et lui donnèrent en otage l'émir Kassem Reslan. Le pacha rentra alors à Damas. Après son départ, les deux émirs manquèrent de parole. Le pacha, alors, marcha contre la montagne avec des forces imposantes. Les deux émirs durent se cacher. Le pacha, après avoir dévasté le pays, nomma Chéikh Serhal el-Oumad gouverneur du Chouf, les émirs Mohammed et Manzour Alam eddin gouverneurs des districts Metne Djourde et Garbe. Il désigna un gouverneur pour Kasrawan, et Aly Pacha le Defterdar fut nommé gouverneur de Saïda. C'est depuis cette époque que Saïda fut érigée en pachalik. L'an 1665, fut assassiné l'émir Carcamaz, à Ayn Mazboud. Son frère, l'émir Ahmed, fut blessé très grièvement, et il aurait succombe sous les coups des assassins sans la bravoure de ses gen, qui le sauvèrent. L'émir Carcamaz ne laissa point d'enfants. L'an 1681, mourut l'émir Moulhem, fils unique de l'émir Ahmed à l'âge de douze ans.Cette même année, l'émir Moussa Chahab partit de Hasbeya et se rendit chez l'émir Ahmed Maan, dont il épousa la fille. Deux ans après l'émir Moussa eut d'elle l'émir Haydar. Ce fut celui-ci qui succéda à l'émir Ahmed. L'an 1699, l'émir Ahmed Maan étant mort sans laisser d'enfants mâles, les notables du pays élirent le fils de sa fille, l'émir Haydar, fils de l'émir Moussa Chahab, encore jeune. C'est ainsi que fut éteinte la famille Maan, après avoir gouverné la montagne pendant l'espace de cinq cent quatre-vingts ans. Elle fut remplacée par les émirs Chahab, dont plus tard nous ne manquerons pas de dire quelques mots.
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L'an 1616, les bonnes relations entre l'émir Fakher eddin et Ahmed Pacha el-Hafez ayant été interrompues par suite des incursions que l'émir Fakher eddin entreprenait souvent dans les pays de Hauran, d'Adjloun, et dans les autres districts du pachalik de Damas, ce wézir adressa des plaintes au sultan contre l'émir. Le sultan fit droit aux plaintes du pacha de Damas, et envoya quatorze pachas à deux queues à la tête d'une grande armée pour réduire les émirs Maan. Le commandement en chef de l'armée fut confié au même Ahmed Pacha el-Hafez de Damas. L'émir Ahmed Chahab vint de Raichaya à la tête d'un grand nombre de montagnards, et unit ses forces à celles du pacha de Damas, qui lui fit un bon accueil et de grandes promesses. Quant à son frère l'émir Aly Chahab, celui-ci adopta une parfaite neutralité, ne voulant prendre ni le parti des Maan, ni celui du pacha de Damas. L'émir Ahmed Chahab écrivit à l'émir Younès el-Harfouche de se rendre à Damas, et de s unir au pacha. Il lui fit observer que l'armée ottomane était forte et que toutes les dispositions étaient prises pour anéantir les émirs de la famille Maan. Ce dernier, conformément à l'avis, se rendit à Damas, à la tête des siens, et se mit à la disposition du pacha. Dans tout ce qu'il faisait, le pacha demandait les conseils de l'émir Ahmed Chahab, qui lui représentait l'entreprise comme des plus faciles, et l'engageait à marcher contre l'ennemi. Le pacha, accompangé des deux émirs et à la tête d'une forte armée, quitta Damas, se dirigea vers le Liban et alla camper au village de Sahsah. - L'émir Fakher eddin, instruit des dispositions du pacha de Damas, s'empressa de fortifier le pays. De plus, il envoya une garnison pour, garder le pont de Majameh. Puis il prit la voie des négociations. A cet effet, il écrivit une lettre de soumission au pacha auquel il promit une forte somme d'argent. Le pacha ayant refusé toutes les propositions de l'émir, ce dernier conçut l'idée de prendre la fuite et d'aller se réfugier chez les Arabes du désert ; mais ayant appris que l'émir Ahmed s'était rendu au pont d Majameh, dont il s'était emparé, et lui en avait fermé le passage, l'émir Fakher eddin dut renoncer à ce projet. Dans l'alternative de se rendre ou de se défendre, l'émir Fakher eddin convoqua son frère l'émir Younès, l'émir Mandaz et l'émir Naser eddin Tounoukh, ainsi que tous les notables du Liban, qui se rendirent sur les rives du Damour. L'émir les exhorta à prendre les armes; mais comme personne ne paraissait disposé pour la guerre, l'émir les quitta et se rendit à Saïda, accompagné de son frère, auquel il remit les rênes du gouvernement, et auquel il donna le Conseil de se fortifier à Dair et-Karnar. Ce fut depuis cette époque que le siège du gouvernement du Liban fut transféré de Baklin à Daïr el-Kamar. L'émir Fakher eddin, ayant ainsi ordonné les choses, nolisa deux bâtiments euroéens et se rendit en Italie à la cour du grand-duc de Toscane, de la famille de Médicis. L'émir Younès, accompagné de ceux qui étaient restés fidèles à son frère, quitta Saïda, et se dirigea vers Daïr el-Kamar, où il fixa sa résidence. Le pacha de Damas. instruit du départ, de l'émir Fakher eddin, quitta Sahsah et se rendit au village de Konéitéra, accompagné de tous les ennemis des Maan. Puis il se transporta à Houlanié, ensuite à Merge Ayoun, et de là il entra dans le pays des Maan. Il s'empara d'abord de Safad et de Saïda qu'il mit sous l'administration de deux gouverneurs ottomans. Ensuite il prit possession de Beyrouth et de Kasravan dont il confia le gouvernement à Yousef Pacha Seïfa. Il prit ensuite le chemin de la forteresse de Chakif Arnaud, qu'il assiégea ; il assiégea également la forteresse de Zahiré. En un mot, il prit possession de tout le pays appartenant aux Maan, dont il coupa les arbres, et qu'il mit à feu et à sang. Le pacha, envoya ensuite des troupes sous la conduite de Houssein Pacha Seïfa vers le Damour ; de l'autre côté, il expédia Moumen Pacha à la tête d'un autre corps de troupes ottomanes, accompagné du Chaïkh Mouzfer le Yamanite, vers Saïda et lui donna l'ordre de cerner le pavs de Maan de tous les côtés. Cerné de toutes parts et n'ayant pas le moindre espoir d'échapper à une perte totale, l'émir Younès convoqua tous ceux qui se faisaient distinguer par leur esprit, parmi ses amis et les notables du pays, leur exposa sa triste situation et dernanda leurs conseils. Ceux-ci lui conseillèrent de se soumettre au pacha et de rentrer dans ses bonnes grâces, à quelques prix que ce fût. Suivant, eux l'émir ferait bien de dépêcher au pacha une députation à la tête de laquelle il mettrait sa vieille mère. L'émir Younès écouta. leurs conseils, et envoya au pacha trente hommes des plus distingués du pays, à la tête desquels se trouvait sa mère, chargée de remettre au pacha la somme de cinquante mille piastres, beaucoup de présents précieux et deux chevaux arabes superbes. - La mère de l'émir Younès, à la tête de la députation, se rendit, chez le pacha, devant. la forteresse d'Arnaud, qu'il assiégeait, entra chez lui, et intercéda en faveur de son fils. Le pacha lui fit l'accueil le plus distingué et lui accorda tout ce qu'elle d emandait. Il confirma son fils dans le gouvernement du Liban et lui accorda l'aman, à condition de payer trois cent mille,piastres au trésor impérial. La mère s'engagea par écrit à payer cette somme, et le pacha ordonna immédiatement la suspension des hostilités. En même temps il envoya quelques-uns de ses principaux officiers faire part à l'émir Younès de la fin des hostilités et de l'aman accordé, avec l'ordre de payer la somme convenue. Peu après le pacha retira ses troupes et retourna à Damas, emmenant avec lui la mère de l'émir Younès en otage pour le payement de la somme convenue. Il laissa à Daïr el-Kamar des officiers chargés de recevoir la somme en question. Pour l'émir Younès, il retourna dans sa capitale , après avoir été contraint de prendre la fuite et de se réfugier dans la forteresse de Niha. C'est ainsi que finit cette guerre, la plus désastreuse qu'ait subie le Mont-Liban sous les Maan. |
Histoire de Fakhreddine II Le Grand
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Fakhreddin II - Le fils de Korkmaz, qui succéda à son père sous le nom de Fakhreddin II à l'âge de 18 ans, en 1590, devait en revanche connaître un grand destin : « Du milieu des luttes mesquines où s'épuisait la vitalité du Liban, un homme allait surgir, lequel fixerait sur son énergique personnalité, pendant près d'un demi-siècle, l’attention de la Syrie et du monde chrétien. Animé d'une haine farouche contre les Ottomans, qui avaient fait périr son grand-père et son père, le jeune émir, tout au long de son règne, consacra son énergie à les combattre, par la force et par la ruse. Mais un simple émir du Chouf ne pouvait espérer résister à la puissance ottomane. Fakhreddin commença donc par élargir son domaine. II n’hésita pas à attaquer d'abord ses plus puissants voisins :les Banoû Saifa, qui, après avoir éliminé les Assaf, étendaient leur domination sur tout le Liban nord et au-delà. A la tête de ses cavaliers et de ses arquebusiers druzes, il les battit et s'empara de leurs domaines. Puis il soumit les Harfouch, s'assurant la possession de la riche Békaa, et une voie de communication avec ses alliés druzes du Waditaym. Se tournant ensuite vers les Bédouins et les Métoualis du Sud. il conquit la Galilée, étendant ses possessions jusqu'à Safed, Banias et Ajloun, et s'assurant le contrôle des routes de Jérusalem et de la Palestine. L'émir ne se contentait pas d'élargir son territoire. Il s'employait à développer son commerce extérieur, et cherchait des alliances en Europe. Ces deux préoccupations l'amenèrent à engager des négociations avec les Florentins, qui, de leur côté, tentaient désespérément d'aborder au Levant, d’où les avaient jusqu'alors repoussés leurs rivaux Vénitiens. Ces négociations aboutirent à la signature entre l'émir et le grand-duc de Toscane d'un accord de commerce assorti de clauses militaires secrètes, évidemment dirigées contre la Turquie. Fakhreddin agissait comme un souverain indépendant et, qui plus est, comme un souverain hostile. Son audace avait cette fois dépassé les limites que Stamboul jugeait tolérables ; le sultan ordonna au gouverneur de Damas de marcher contre l'émir séparatiste et envoya une escadre de 60 galères croiser dans les eaux libanaises pour y soutenir ses troupes. Le malheur de Fakhreddin voulut que le gouvernement de Damas fût alors passé aux mains de Ahmed Hafez, un pacha habile, énergique et impitoyable. Hafez-pacha n'avait pas attendu les ordres de la Porte pour exciter contre Fakhreddin un certain nombre d'émirs, qui supportaient mal son autoritarisme et ses exigences financières. Aussi, lorsque les troupes turques se mirent en marche, Fakhreddin vit-il un certain nombre de ses indociles vassaux druzes se joindre aux janissaires du pacha ; au Wâditaym, quelques-uns des émirs Chehab, qui avaient été jusque-là ses plus fidèles alliés, se tournèrent contre lui. Hafez-pacha envahit le Liban et y commit de terribles dévastations; l'année 1613, pendant laquelle se déroulèrent ces événements, demeura tristement célèbre sous le nom de « année de Hafez ». Pour éviter la ruine complète du pays, Fakhreddin résolut d'abandonner le pouvoir. Il chargea son fils aîné, Ali, aidé de son frère Younis, de gérer ce qui restait de ses domaines, et, s'embarquant sur un navire français, il gagna la Toscane. Chaleureusement accueilli par les grands-ducs Médicis, l'émir voyagea dans toute l'Italie. Il séjourna à Florence, à Pise, à Messine, à Palerme, à Malte. Il visita des arsenaux, des hôpitaux, des musées, il s'initia aux méthodes bancaires des Florentins, étudia les méthodes agricoles italiennes, rencontra à Rome les érudits; maronites que protégeait le Pape. L'exil de Fakhreddin dura cinq ans. En 1618, son ennemi Hafez-pacha ayant quitté le gouvernement de Damas, il obtint du sultan l'autorisation de rentrer dans son pays et la restitution de ses domaines. Pendant les 17 ans que durera cette seconde partie de son gouvernement, il portera sa puissance à des sommets où il apparaît comme un prince de légende, mais d’où la chute sera tragique. A peine a-t-il repris; en main l'administration de ses domaines qu'il entreprend de les étendre à nouveau. Les Turcs le font attaquer derechef par les troupes du pacha de Damas. Mais ce n'est plus le redoutable Hafez qui commande les Ottomans. C'est un nouveau pacha, qui est vaincu à la bataille d'Anjar et fait prisonnier. Fakhreddin a l'habileté de traiter le pacha avec des égards et de le renvoyer à son gouvernement comblé de présents ; si bien que la Porte feint d'oublier cet épisode. Quelques années plus tard, c'est le gouverneur de Tripoli que l'émir met à la raison. Puis il déborde ses frontières, envahit la Palestine et parait à Naplouse et à Gaza, sur les routes de Jérusalem et de I'Egypte. Ces incursions laissent présager des ambitions qui inquiètent le sultan ; tout en reconnaissant à son vassal le titre étonnant de soltan el barr - sultan du continent - il se prépare à l'abattre. Le point de rupture est atteint une nouvelle fois en 1634, après que l'émir a accompli une action vraiment étonnante : il refuse à l'armée ottomane rentrant de Perse de tenir ses quartiers sur ses domaines. Les Turcs ayant passé outre et s'étant arrêtés dans la région de Tripoli, il va les attaquer, et, après une sanglante bataille, il les reconduit jusque sous les murs de Damas.
On ouvrit à Stamboul le dossier de l'émir,
" lequel - écrit l'historien Mohibbi - avait atteint un tel degré de
puissance qu'il ne lui restait plus qu’à prétendre au sultanat ".
Fakhreddin II, contempteur de la loi coranique, protecteur des
Chrétiens, bâtisseur de monastères, accusé d'entretenir des
intelligences coupables avec la Toscane, l'Espagne, et les chevaliers de
Malte, fut condamné. Une puissante armée fut envoyée contre lui, tandis
que la flotte allait bloquer le port de Saida. Cette fois, les moyens mis en oeuvre étaient tels que l'émir ne pouvait vaincre. L'élite de son armée, et parmi elle ses deux fils Ali et Younès, périt dans la bataille de Waditayn. Finalement, Fakhreddin fut capturé par les Turcs. Emmené à Stamboul, il y fut exécuté le 13 avril 1635. Le prestige de l'émir était tel que, pour éviter un embrasement général de la montagne libanaise, le sultan dut confier sa succession à son neveu Melhem, puis au fils de celui-ci, Ahmed, qui mourut sans postérité male en 1697. L'étroite surveillance à laquelle la Porte soumit ces émirs ne leur permit pas d'accomplir de brillantes actions ; mais ils gouvernèrent sagement, dans la tradition libérale de leurs grands ancêtres.
L'armée de Fakhreddin
Les succès militaires de Fakhreddin constituent l'un des aspects les plus étonnants de son épopée. Qu'un simple émir libanais ait pu tenir tête aux armées ottomanes, qui avaient vaincu Byzance et les Mamelouks, paraît presque miraculeux. Quel était donc l'instrument de la puissance militaire de Fakhreddin ? Son armée se distinguait de celles de tous les émirs qui l'avaient précédé en ce qu'elle comportait un noyau régulier. Celui-ci était composé de Sokman, soldats de métiers en chômage qui erraient par bandes à travers I'Empire. Ils étaient d'origine albanaise, berbère, kurde ou turcomane et constituaient de rudes guerriers, dont la fidélité n'égalait malheureusement pas le courage. Autour de ce noyau régulier se réunissait, en cas de guerre, l'armée traditionnelle et féodale du Liban. Celle-ci était composée essentiellement de Druzes et de Maronites, groupés autour de leurs émirs, de leurs cheikhs et de leurs mokkadam. Les chefs combattaient à cheval, leurs hommes - arquebusiers et archers - à pied. Sur les effectifs de cette armée, les chiffres fournis par les historiens diffèrent. Mohibbi parle de 100 000 hommes, mais ce nombre est certainement exagéré. Cinquante mille parait être l'évaluation la plus raisonnable des effectifs maxima dont l'émir ait pu disposer[1]. Cette armée était appuyée sur une série de forteresses dressées aux points sensibles de la montagne : Sobaiba, au pied de l'Hermon, défendait l'accès sud de la Békaa, Chakif Arnoun (Beaufort) barrait les gorges du Litani, Chakif Tiroûn (Kalaat Niha) surveillait Saida, Safed la Galilée, Ajloûn le Houran, Baalbeek le Hermel, et Markab la montagne des Nosaïris. Cette petite armée, attachée à ses chefs et à son sol, avait la réputation d'être invincible dans sa montagne. Elle répugnait par contre à s'écarter du Mont-Liban. Ce sont ces mêmes caractéristiques que nous retrouverons dans l'armée de Béchir. qui porta plus haut encore le prestige et la gloire militaire du Liban.
L'histoire n'a pas seulement conservé le souvenir des prouesses militaires de Fakhreddin, mais encore de son oeuvre dans tous les domaines qui s'ouvrent à un souverain; car l'émir fut, en même temps qu'un habile général, un bâtisseur, un administrateur, un diplomate et un grand politique. Bâtisseur, il se consacra à l'embellissement de Beyrouth, sa résidence d'hiver, et de Saida, sa capitale. Avec le concours d'architectes français et florentins, il fit construire des châteaux à Saida, sa capitale, et à Beyrouth, sa résidence d'été ; il fit surtout effectuer de grands travaux d'irrigation dans le Chouf et dans la Békaa, tracer des pistes, élever des entrepôts. Il fut le premier à créer des imprimeries au Levant qui pouvaient produire des textes en arabe, en syriaque, en persan et en copte. Souverain libéral, il supprima toute discrimination religieuse entre ses sujets. Il conserva pendant tout son règne un ministre maronite, son ami Abounadir Kazen. Il introduisit les moines capucins dans le Chouf. Mais la véritable gloire de Fakhreddin, ce fut d'avoir fondé le Liban. Des principautés éparses qui, depuis des siècles, végétaient au flanc de la montagne, il fit un Etat. Sous son administration, il réunit tous les territoires qui forment le Liban contemporain. Il étendit même son autorité au-delà des frontières actuelles. Bien que le sultan Mourad IV lui ait attribué le titre de soltân el barr, avec l'autorité sur tous les Arabes entre « Alep et Jéruisalem », les assertions qui portent à Palmyre et Sélémié les frontières de ses Etats paraissent tenir de la légende; mais il est certain qu'il gouverna la montagne des Nosaïris (Alaouites) et toute la Galilée, avec Safed, Acre et Nazareth. Non seulement il groupa sous une même autorité toutes les parties du Liban, mais encore il fit de celui-ci une entité administrative. Avant lui - et après sa mort jusqu'en 1860 - les territoires du Liban étaient ou furent répartis entre les diverses provinces ou pachaliks de Syrie, dont les sièges étaient à Alep, Damas, Tripoli, Acre ou Saida. Pour la première fois, Fakhreddin fut lié à la Porte par un lien de vassalité directe. Encore ce lien fut-il si ténu que l'émir noua des relations diplomatiques avec les puissances européennes ; on sait qu'il conclut un traité avec Florence, mais il négocia aussi avec l'Espagne, la France, les Chevaliers de Malte. Les étrangers le considéraient comme un souverain, Princeps Sidoniorum, et Louis XIII lui écrivait « très illustre et puissant Prince ». Mais s'il mérita d'être considéré comme le fondateur du Liban politique, il est un titre de gloire plus haut encore que Peut revendiquer Fakhreddin : c'est d'avoir –créé le Liban moral : « Sous le grand Fakhreddin, Sunnites, Druzes, Chiites, Maronites et Grecs constituèrent un seul peuple, vivant tous côte à côte, dans un esprit de solidarité et de respect mutuel. »
Certes, Fakhreddin succomba, et les frontières administratives de l'Etat qu’il avait fondé s'effacèrent de la carte. Mais le Liban, depuis lors, ne cessa jamais d'être une réalité vivante.
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As
children we are told the story of Lady Nassab and her son Fakhreddine ("Pride
of the Faith"), two historical figures that were already legends in
their own day. The time was the early 17th century, and the setting was
the Ottoman-dominated Chouf area ruled by Druze feudal families. Fakhreddine, whom we give tribute to by referring to him as "Fakhreddine the Second, the Ma3n, the Great", had a dangerous childhood but his mother managed to keep him hidden and safe from his enemies. He grew to be a wise and ambitious man and established his capital in the village of Deir el Qamar, "the Convent of the Moon". Surrounded with advisors that were not only Druze but also Christian and Muslim, and with the precious help of Sitt Nassab, he extended the power of the Ma3n family until he controlled almost all of today's Lebanon, including the precious coast. Fakhreddine was so short his enemies made fun of him: "An egg can fall from his pocket and not break". To which he replied: "The smallest saw can bring down the tallest fir tree, and the smallest pen can take an inventory of the universe." Born in 1572, Fakhr ed-Din, was the son of the Emir Qorqmas of the tribe of Beni Ma'n, that followed the Druse. Fakhr ed-Din thought to extend his emirate in Sciuf in Lebanon over to the Mediterranean coast and to make friends with the enemies of the Turks. Through money, diplomacy and arms he became the leader of Beirut, Baalbeck, Tyre, Sidon, Acre, Haifa and Banias. The pashas of Tripoli in Syria and of Damascus were afraid of him and alerted the Sublime Port of the Turkish government in Constantinople. The Sultan Ahmad I ordered the pasha of Damascus to attack the rebel. The pashas of Damascus, Tripoli and Gaza, with other emirs, accused Fakhr ed-Din to the Sultan for favoring the Christians to the detriment of the Muslims. This accusation, plus the fact that the Druse had opened the port of Sidon to European ships and had tried to unite all his subjects into one country and defend it against the Turks, drove Constantinople to intervene. In June 1632 the leader of the Ottoman army, the Albanian Kutciuk Ahmad, attacked the rebel on land with 45,000 men and by sea with 50 galleons. He was conquered, taken prisoner and deported with his family to Damascus. Condemned to death on March 14, 1635, Fakhr ed-Din knelt down and made the sign of the cross. The Custody of the Holy Land remembers with gratitude the Emir Fakhr ed Din who always extended great friendship and sympathy to the Franciscans. |
كان فخر الدين المعني، سليم الصدر، صافي السريرة، متواضعا، بشوشا. وهو في حلبة الطعان عبوس، هيوش. حليم عند الغضب، ما سمعت عنه الكلمة |